Le Yard Mégalithique, l’étalon oublié de la terre !

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Durant les années 50 à 70, le professeur Thom et son fils, après avoir effectué de nombreux relevés de mesures dans différents sites mégalithiques, établirent que les bâtisseurs utilisaient une unité de mesure commune. Il appela cette unité de mesure  » le yard mégalithique « . Un film documentaire fut produit à ce sujet par la BBC, le 31 octobre 1970.

Le yard mégalithique est une unité de mesure (0,8294 ± 0,0003 m) qui ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique ; j’ai complété et corrigé récemment l’article de Wikipédia qui le présentait comme une hypothèse farfelue, rejetée par la communauté scientifique… le Yard mégalithique n’est pas rejeté par la communauté scientifique : il ne fait pas office de consensus, voilà tout. Pour cela, deux raisons sont invoquées :

  • Pour un certain nombre d’historiens ou d’archéologues, il est inconcevable qu’une unité aussi précise, qui aurait été utilisée du nord de l’écosse jusqu’en Bretagne ait pu exister, surtout au regard de la difficulté que nous avons eue, au cours des derniers siècles, à harmoniser nos propres unités de mesure.
  • On observe des variations d’une pierre à l’autre, en raison de la difficulté pour nous de déterminer le centre géométrique des pierres.

Ces deux objections me semblent peu pertinentes. Pour la première, il ne s’agit que d’un point de vue : l’on considère impossible l’usage d’une unité de mesure harmonisée sur un territoire aussi vaste dans ces Temps reculés, sous prétexte que nous n’en aurions été capables que depuis la Révolution Française. Cet argument repose sur l’idée que ces peuples là ne pouvaient pas être mieux organisés que les peuples de l’ère chrétienne. Pourtant, il fallait bien qu’ils le soient pour pouvoir déplacer des blocs de plusieurs dizaines à centaines de tonnes, et pour pouvoir produire des constructions reprenant les mêmes principes architecturaux sur un aussi vaste territoire… et il faut bien qu’ils aient communiqué ! Cet argument reviendrait à dire qu’il est impossible que les Égyptiens ont pu construire les pyramides car personne ne peut dire exactement comment ils ont fait. Les pyramides sont pourtant bien là, et la mesure du yard mégalithique aussi. Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas comment ils ont fait que cela n’existe pas.

Le deuxième argument est rendu obsolète par le très grand nombre de mesures qui ont été effectuées à ce jour. En effet, si Thom n’avait trouvé que 10 pierres pour déterminer sa mesure, et dont l’espacement révèle un yard compris entre 78 et 88 cm, nous aurions pu douter… mais les mesures reposent sur plusieurs centaines de cercles de pierre et plusieurs centaines de menhirs dans les Alignements du Ménec et de Kermario. Le très grand nombre de mesures permet d’ajuster la précision de l’unité de mesure employée par les bâtisseurs ; et plus cette précision s’accroît, plus les erreurs relatives au centres géométriques des pierres disparaissent, et pour de plus en plus de mégalithes. Pour vous donner un exemple, imaginons que vous souhaitiez vérifier l’unité métrique sur de vieilles règles en bois. Vous en trouvez 2, et après mesure vous constatez qu’elles font respectivement 99,8 et 99,9 cm de longueur. Vous risquez d’en déduire que l’unité de mesure est de 99,85 cm. En revanche, si vous trouvez une centaine de ces règles en bois, la moyenne des mesures effectuées va tendre vers les 100 cm, car les erreurs en plus ou en moins vont finir, sur un très grand nombre d’entre elles, par s’auto-annuler. Ce phénomène est bien connu des statisticiens…

C’est par exemple en mesurant l’écart entre les files de menhirs que l’on peut déterminer statistiquement l’existence de la toise mégalithique (2,5 yards mégalithiques = une toise mégalithique). On observe des variations d’une pierre à l’autre, en raison de la difficulté pour déterminer le centre géométrique des pierres (comme évoqué plus haut) mais le très grand nombre d’échantillons permet, avec une marge d’erreur acceptable, d’affirmer l’existence d’une unité de mesure.

Le professeur Thom à déterminé que l’écart entre les files des menhirs du Ménec Ouest est de 8, 10, 12 ou 14 yards mégalithiques. Certes, toutes les pierres ne sont pas posées dans un alignement parfait, peut-être en raison du socle granitique qui empêche de placer les menhirs en équilibre au bon endroit… mais le nombre de menhirs permet de déterminer un axe principal pour chacune des files. Une fois cet axe déterminé, on peut mesurer l’écart entre les files. Et force est de constater que cet espace répond d’une distance en nombre entier de yards mégalithiques. Même avec une marge d’erreur de 10% sur ces files en raison de la position imprécise du centre géométrique des pierres, la probabilité d’obtenir pour les 12 files de menhirs  8, 10, 12 et 14 Ym ± 10% est de l’ordre de 1 sur 50 millions. (Ci-contre, le calcul avec la loi binomiale : probabilité d’obtenir 11 mesures sur 11 d’un nombre entier de yards mégalithiques ± 10%). Bien sûr, ce niveau de marge d’erreur permet juste d’affirmer que les files sont placées avec un espace en nombre entier de Yards compris entre 75 cm et 91 cm. Mais il existe des relevés de terrain sur de très longues distances qui permettent d’affirmer aussi que le Yard mégalithique de 82,9 cm± 1mm à été employé (je renvoie notamment aux travaux de Howard Crowhurst).

L’existence de cette unité est un fait objectif et mesurable. J’ai eu l’occasion d’en faire l’expérience sur le terrain et avec Google Earth à de nombreuses reprises. Les scientifiques qui ont proposé cette unité de mesure ne sont pas des historiens ou des archéologues, ce sont pour la plupart des mathématiciens, des ingénieurs, des gens qui savent manier la mesure, les statistiques et les lois de probabilité. Les mathématiciens et ingénieurs ne nient généralement pas l’existence de cette unité de mesure : eux ne défendent pas, comme certains autres chercheurs, une vision de l’Histoire en particulier. C’est donc plutôt du coté de ceux qui sont censés écrire l’histoire de ces lointains ancêtres que les dents grincent un peu… mais pas chez tous non plus ! Certains historiens et archéologues commencent à envisager de plus en plus sérieusement l’existence de cette unité de mesure, avec toutes les conséquences que cela implique… 

Voici ce que dise certains historiens et archéologues

Pour Jean Pierre Mohen,  » dans chacune des files du Ménec et de Kermario, Alexander Thom et son fils ont démontré le recours à la toise mégalithique entre chacune des pierres. Ce même écart est vérifié sur chacune des files « .3

Dans un livre  » Les grandes énigmes de l’Histoire « , écrit sous la direction de Jacques Marseille (Professeur à l’Université de Paris I) et Nadège Laneyrie-Dagen (maître de conférence, Lilles III), on peut lire que non seulement le professeur démontre que Carnac est aussi un observatoire Lunaire, mais qu’en plus A. Thom remarque l’usage d’une unité de mesure mégalithique universelle en Europe (voir extrait ci-dessous).

 

Ci-joint un autre extrait d’un livre de Jean Pierre Mohen (Pierres vives de la préhistoire : Dolmens et menhirs, 2009, Edition Odile Jacob, p 232, lire ici). Cet extrait montre que les critiques à l’encontre du yard mégalithique de l’époque sont aujourd’hui les mêmes, et que personne n’a pris le soin de réellement refaire les calculs et les mesures qui furent validés en 1955 par le Journal of the Statistical Royal Society.

 

Une autre historienne, plus critique, Corine Julien (Histoire de l’humanité, tome 1, Édition Unesco 2000, page 1468) ne manque pas de parler de cette unité, reconnaissant qu’une unité de mesure a sans aucun doute été utilisée pour la construction de ces sites. Elle ne se positionne pas quant à l’unité du professeur Thom, mais elle ne rejette pas pour autant cette hypothèse d’une harmonisation de la mesure.

 

Jacques Briard, directeur honoraire du CNRS et du laboratoire d’anthropologie de Rennes, reconnaît à demi-mot les travaux du Professeur Thom.

 » En 1977, A. Thom et A.S Thom proposent une géométrie des alignements de Carnac basée sur le yard mégalithique. Les constructions des alignements s’avèrent très élaborées, dépassant largement le simple usage du triangle de Pythagore… on doit conserver ces intéressantes données sur la métrologie, qui rejoignent celles apportées par d’autres ingénieurs Français comme Kerviler « .

Jacques Briard, Les mégalithes, ésotérisme et réalité, ED JP Glisserot, page 58.

Le livre de Jacques Briard tente de séparer la part de réalité et la part d’imagination à propos des mégalithes, et il ne porte pas de critiques sur les travaux du professeur Thom, il en salue au contraire à plusieurs reprises la démarche, et invite à conserver dans un coin de sa tête ces découvertes. Il reconnait aussi que les alignements de Carnac ne sont pas implantés de manière fortuite, à la louche, sans une pensée derrière, organisée et très poussée…

Il convient aussi d’ajouter un des plus grands spécialistes des mesures antiques, l’Allemand Rolf Rottlander de l’Université de Cologne, qui cite les travaux de Thom, et confirme l’usage du yard mégalithique sur des sites mégalithiques en Allemagne. Ce dernier allant plus loin dans la démonstration, en montrant que la coudée de Nippur (518,4 mm) est exactement le quart d’une toise mégalithique. (2073,6 mm). (Prof. Rolf C.A. Rottländer, Antike Längenmaße, Vieweg, 1979, page 19.).

On peut aussi rappeler que le statisticien Kendall à publié une étude en 1974 ou il donne 99,9% de chance que le yard mégalithique découvert par le Professeur Thom soit bien le fruit d’une mesure qui échappe au hasard.

Citons encore un professeur agrégé de mathématique qui s’est intéressé sur l’origine de la géométrie, voir extrait ci dessous. (Olivier Keller, Aux origines de la géométrie: le Paléolithique, le monde des chasseurs-cueilleurs, Vuibert, 2004)


Démonstration moderne

Plusieurs auteurs contemporains observent et démontrent aujourd’hui encore l’usage de l’unité de mesure mégalithique en utilisant d’autres outils et méthodes. Ce qui, pour une unité de mesure qui ne serait que fiction, est très étonnant, et devrait inciter bon nombre d’historiens à revoir leur position sur cette métrologie antique…

Sylvain Tristan, sur la base des recherches d’Alan Butler, propose que le Yard Mégalithique de 0,829 m serait une mesure étalonnée sur les dimensions de la Terre. Il propose que cette unité fut employée et transmise à l’aide d’un pendule. Cette méthode du pendule fut employée au 18è siècle pour tenter de définir l’unité métrique, par exemple. Toutefois, selon la latitude à laquelle on se trouve, la gravité est sensiblement différente, et la longueur de la corde varie. Mais cette variation pourrait expliquer aussi pourquoi le yard mégalithique est sensiblement plus court à mesure qu’on se rapproche de l’équateur. Cette variation dans la taille du yard de quelques millimètres est aussi un argument fréquemment employé pour contester l’existence d’une unité de mesure harmonisée… mais cette contestation pourrait être résolue si on propose l’usage d’un pendule pour déterminer cette unité de mesure.

L’idée est simple, un pendule qui mesure 1/2 yard mégalithique bat 366 fois en 1/366ème de jour.

Le pendule mégalithique en vidéo par Sylvain Tristan :

Pour Sylvain Tristan, le yard mégalithique est la 366è partie d’une seconde d’arc mégalithique de la Terre. Soit :

40 007,8 km / 366 degrés mégalithique / 60 minutes d’arc / 6 secondes d’arc = 366 yards mégalithique = 0,8296 m

Cette définition implique l’usage d’une division de la Terre en 366° de méridien, ce que Sylvain Tristan démontre dans ses livres. Cette division de la terre en 366 est rendue cohérente, entre autre, par le fait que la Terre met 366 jours pour faire le tour du soleil (365,2422 en réalité, mais il faut 366 levers de soleil pour effectuer un tour complet). J’invite mes lecteurs à approfondir cette hypothèse que je trouve intéressante et que j’ai vérifiée dans les livres de cet auteur.

D’autres éléments valident cette hypothèse, puisque la masse terrestre d’une tranche de 1 seconde d’arc de la terre mesure 1 livre ±0,07%.

(5,9722 x 10 puissance 24) / 366° / 60 minutes / 6 secondes d’arc = 4,532 x 10 puissance – 19 livres impériales anglaises.

Me concernant, je pense aussi que le Yard mégalithique est une unité en relation avec les dimensions de la Terre. Je trouve l’hypothèse de Sylvain Tristan avec la géométrie à 366° très pertinente, mais je pense aussi que le yard mégalithique est en relation avec la taille de la Terre à l’équateur.

40 075 / 360° / 60 minutes d’arc = 1,8553 km. Or, exprimé en kilo yard mégalithique, 1,8553 / 0,8296 = 2,236… kym ± 0,0003.

2,236 étant la racine de 5, et l’addition du nombre d’or 1,618 et de son inverse 0,618, il me semble improbable que cela soit le fruit du hasard. Le nombre 2,236 est la diagonale d’un double carré, et cette figure géométrique très importante dans l’Antiquité, chez les bâtisseurs de temple, de pyramides, et chez les peuples mégalithiques, rend évidente la définition du yard mégalithique. Cela suppose aussi la division du cercle en 360° à une époque reculée, ce qui est déjà attesté 3000 à 4000 ans avant notre ère par les Sumériens, dont les historiens placent l’origine en 3500 avant JC.

Le yard mégalithique, aussi incroyable que cela puisse paraître, est une unité de mesure qui entretient des relations avec les dimensions de la Terre. Elle réalise le tour de force d’être étalonnée sur le méridien et l’équateur dont les dimensions sont sensiblement différentes, puisque l’équateur est plus grand. C’est en jouant sur des définitions différentes, mais en relation avec des constantes de notre univers, que ces bâtisseurs ont pu réaliser ce tour de force d’unir le méridien et l’équateur autour d’une même unité de mesure.

Howard Crowhurst, qui est l’auteur le plus prolifique en matière d’étude de la géométrie mégalithique, en démontre l’usage à maintes reprises dans ses travaux. Citons par exemple les alignements de Kermario : la distance entre l’entrée du dolmen qui marque le début au sud-ouest de ces files, jusqu’au menhir du Manio 2, est de 500 toises mégalithiques, c’est à dire, 1250 yards mégalithiques. Ce qui est remarquable, c’est que cette ligne forme avec les axes cardinaux un triangle 3, 4, 5, dont l’unité de base mesure 250 yards mégalithiques. L’usage du Yard mégalithique ici est une preuve évidente, d’autant plus que la file de menhirs suit cet axe de 36,87° pendant 1250 yards mégalithiques, ou 500 toises mégalithiques.

Pour en savoir plus sur les nombreuses observations de l’usage du Yard mégalithique, j’invite mes lecteurs à se rapprocher de la boutique www.epistemea.fr dans laquelle de nombreux ouvrages sont consacrés aux principes architecturaux des mégalithes, aux unités de mesures employées et aux angles qui organisent ainsi l’espace au sol. Nous pouvons vous recommander la lecture du livre sur le Géant du Manio, ou les ouvrages qui traitent du quadrilatère de Crucuno par exemple.

Mais alors, pourquoi ce Yard Mégalithique n’est il toujours pas enseigné et reconnu par la communauté des historiens et des archéologues ?

Cette question est très complexe, et il ne s’agit sans doute pas d’une volonté délibérée qui consisterait à nous cacher les choses. Pour élucider ce problème, il faut bien comprendre comment fonctionne la littérature scientifique officielle. Pour rédiger un article susceptible d’être publié, il faut déjà faire partie du sérail, c’est-à-dire avoir un diplôme universitaire. Il s’agit d’un premier problème grave, car cela interdit aux citoyens de penser, de réfléchir et de proposer des innovations qui pourraient être des découvertes majeures. Seule une catégorie de personnes a le droit d’écrire la version officielle de l’Histoire scientifique. Cette vision très élitiste permet certes de filtrer un certain nombre de thèses qui ne sont pas sérieuses, qui relèveraient plus de la croyance que de la science, mais elle a en revanche l’énorme inconvénient de fermer la porte à toute personne extérieure, même si ses découvertes s’avéraient authentiques… dans le film de la BBC sur les travaux du professeur Thom, on peut y entendre un archéologue britannique dire cette phrase incroyable :  » Nous n’avons rien contre les nouvelles théories, mais vous devez être archéologue pour les proposer ! « 

Le second problème majeur, c’est que les historiens et archéologues sont des humains, et comme la majorité d’entre nous ils fonctionnent avec un soucis d’appartenance à une catégorie sociale. Les étudiants, puis les jeunes chercheurs, par désir d’appartenir au sérail officiel et afin de grimper dans la hiérarchie, vont reproduire les mêmes recherches, répéter les mêmes explications… ce processus naturel leur permet aussi d’affirmer leur appartenance à la communauté scientifique officielle. Très peu d’entre eux au final oseront  être iconoclastes, car ils risqueraient de se voir sévèrement critiqués par leur collègues. Ce processus est naturel, et nous avons tous du mal à y échapper.

Même lorsque les preuves sont nombreuses et irréfutables, on assiste parfois à une véritable censure, et parfois à une tentative de nier les faits en les repoussant à la marge. Et c’est ce qui se passe avec quelques publications scientifiques qui tentent de discréditer l’existence de cette unité de mesure, en utilisant les deux arguments cités en début d’article. En gros, on conteste la possibilité que des peuples aussi lointains aient eu le souci d’harmoniser une unité de mesure sur un territoire aussi vaste. Argument non scientifique, car peut-être s’agit-il d’un seul et même peuple (qui pourrait bien avoir été nomade) qui fut à l’origine de toutes ces constructions… cela expliquerait pourquoi l’on observe partout la même unité de mesure. Et puis, le dernier argument est d’expliquer qu’il n’est pas possible de définir le centre géométrique des pierres, et donc de faire des mesures fiables… argument de nouveau irrecevable, au regard du très grand nombre de mesures effectuées et déjà évoquées dans cet article.

Quant à Wikipédia, c’est un outil intéressant mais qui a ses limites, car la plupart des administrateurs se contentent de s’appuyer sur l’existence ou non d’articles scientifiques pour valider une information. En l’occurrence, il y a des articles scientifiques en faveur du yard mégalithique, et très peu qui s’y opposent en réalité. Nous n’avons trouvé qu’un seul article qui tente de contester l’existence du Yard Mégalithique. Ce dernier est incomplet et n’est pas très pertinent car il est invérifiable et repose sur le choix d’un autre procédé d’évaluation statistique que personne ne peut comprendre au regard des informations données dans l’article… en outre, l’auteur de cet article reconnaît à demi-mot l’authenticité du Yard mégalithique.

Ce sont essentiellement les monuments semi-circulaires (surtout ceux d’Écosse) qui justifient le  » yard mégalithique  » mis en avant comme unité universelle par A.THOM. (Gerardin L. Une des premières unités métrologiques du yard mégalithique à des « enjambées ». In : Revue d’Archéométrie, n°7, 1983. pp. 27-36. )


WIKIPEDIA

Ci-dessous, une copie de la page Wikipédia que j’ai légèrement améliorée (en bleu et en gras, les compléments et améliorations que j’ai pu apporter à cet article, en espérant que les zélés de cette base de données ne repassent par derrière pour détricoter des faits objectifs et sourcés, sous prétexte qu’ils contredisent les hypothèses relatives aux capacités et connaissances des ces peuples anciens).

Le Yard mégalithique est une unité de mesure de 2,72 pieds impériaux, soit 82,9 cm, précise à 0,003 pieds près (~1mm)1,2, qui aurait été utilisée par les « peuples mégalithiques », des îles Britanniques et de Bretagne.

Sommaire

Historique

Cette mesure a été évaluée pour la première fois par le mathématicien R. Kerviller au 19è siècle.3

Son existence a été ensuite proposée par Alexander Thom, un professeur écossais4 qui a passé plusieurs décennies à étudier à l’aide d’un théodolite les cromlechs de Grande-Bretagne et de Bretagne armoricaine. Ses mesures révèlent que les cercles de pierre (cromlechs) sont dimensionnés pour mesurer un nombre entier d’une unité qu’il appela le Yard Mégalithique. A. Thom n’est pas le premier à avoir émis l’hypothèse d’une unité de mesure « mégalithique » mais les méthodes de recherche de Thom ont relancé l’intérêt pour des interprétations astronomiques des monuments préhistoriques. D’autres relevés systématiques furent réalisés par l’Ecossais Miln, l’allemand Schuchardt et l’Autrichien Mondrijan. 3 L’ensemble de ces relevés donnant des résultats du même ordre, et reposant sur la définition statistique d’une unité de mesure en raison de l’impossibilité de déterminer le centre géométrique des pierres.

Les travaux du Professeur A. Thom furent publiés en 1955 après validation par le Journal of the Royal Statistical Society.5

Discussion autour du yard mégalithique

Cette hypothèse est difficile à envisager pour la communauté scientifique qui ne reconnaît pas la possibilité d’une unité de mesure d’une telle précision répandue sur un vaste territoire et propre à cette époque. Toutefois, l’existence d’un peuple nomade à l’origine des mégalithes expliquerait facilement l’usage d’une même unité de mesure en divers endroits. Le fait qu’on ne retrouve pas de traces d’habitations à la hauteur des travaux engagés à Carnac par exemple, plaide en faveur d’un peuple nomade.

Karlene Jones-Bley affirme que la précision au 1/10ème de millimètre d’un Yard mégalithique universel n’est pas envisageable. Le niveau de précision à 0,1 mm près n’est pas possible au regard des résultats statistiques. Cet argument n’exclut pas l’idée d’une unité de mesure un peu moins précise comme le propose A.Thom.

Les conclusions de Thom ne font toujours pas consensus au sein de la communauté scientifique en raison de la difficulté, évoquée plus haut, de déterminer avec précision le centre géométrique des pierres dans les mesures qu’il a réalisées [1]. Pourtant, compte tenu du très grand nombre de mesures existantes, il est possible d’intégrer une marge d’erreur suffisante pour trancher la question. C’est ce que fit d’ailleurs le statisticien D.G Kendall de l’université de Cambridge en 1974, donnant pour conclusion qu’il y a 99 chances sur 100 que le yard mégalithique ait existé[2]. En 1983, L Gérardin contesta le modèle de Kendall [3]. Il convient de préciser que ni Kendall, ni Gérardin n’étudièrent les relevés du professeur A. Thom et de son fils sur le site mégalithique majeur de Carnac, où ce dernier, je vous le rappelle, a relevé que l’écart entre les files du Menec ouest et du Kermario est un nombre entier de 8,10, 12 ou 14 yards mégalithiques.

 

Nouvelles recherches

Alors que les statisticiens et historiens ne parviennent pas à se mettre d’accord sur l’existence du Yard mégalithique, d’autres méthodes de recherche voient le jour, depuis l’avènement des logiciels d’exploration par satellites, notamment. Un chercheur indépendant, Howard Crowhurst, déjà cité plus haut, affirme que le yard mégalithique aurait été employé entre autres dans les alignements de Kermario. Sa méthode utilise d’autres outils et principes que ceux du professeur Thom. Il montre que des monuments mégalithiques majeurs seraient implantés au sol avec des distances et azimuts mettant en évidence l’usage du Yard et de la Toise mégalithique, avec une très grande précision 10. La distance des observations étant plus grande, les marges d’erreur liées à la taille des pierres seraient rendues négligeables par ces observations.

L’usage répandu d’un système de mesures (moins précises) fondées sur le corps humain reste l’hypothèse généralement envisagée par les historiens et archéologues 11.

Notes et références

  1. Alexander Thom, New Scientist, Reed Business Information, , 690– p. (ISSN 0262-4079, lire en ligne)
  2. Barbara Ann Kipfer, Encyclopedic dictionary of archaeology, Springer, , 344– p. (ISBN 978-0-306-46158-3, lire en ligne)
  3. a et b Jean Pierre Mohen, Les alignements de Carnac, Temple Néolithique, Edition du Patrimoine, Centre des Monuments Nationaux (ISBN 978-2-85822-384-8), p 54-55
  4. Thom, Alexander. Megalithic Sites in Britain. Oxford : OUP, 1967
  5. (en) A Thom, « A Statistical Examination of the Megalithic Sites in Britain », Journal of the Royal Statistical Society.,‎ , p. Vol. 118, No. 3,pp. 275-295 (lire en ligne)
  6. « the suggestion put forth by Thom that there was a « megalithic yard » uniform to 0,1 mm from Brittany to the Orkneys cannot be accepted » Karlene Jones-Bley, American Journal of Archaeology, 106-1, 2002, p. 122 ; Clive Ruggles, Astronomy in Prehistoric Britain an Ireland, Yale University Press, New Haven, 1999, chap. 2 note 52 ; voir déjà P.R. Freeman, « A bayesian analysis of the Megalithic Yard », J.R. Statist. Soc. A., 1976, p. 20-55.
  7. (en) Clive Ruggles, Ancient Astronomy: An Encyclopedia of Cosmologies and Myth, ABC-CLIO, Inc, (ISBN 1-85109-477-6) p. 327.
  8. (en) D.G Kendall, « Unting Quanta », Phil. Trans. R. Soc. Londres,‎ , p. 231-266
  9. L Gérardin, « Une des premières unités métrologiques du yard mégalithique à des « enjambées » », Archéométrie,‎ , p. 27-36 (lire en ligne)
  10. Howard Crowhurst, La science des anciens, Tome 2 : Carnac, le Manio, epistemea, , 120 p. (ISBN 9-791-092-168-693), Page 42 à 47
  11. Ruggles 2005, p. 426.

 

 

Article de A Thom de 1964

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Comments

  1. Bonjour,
    encore un article très intéressant,
    je n’ai peut être pas fait attention mais il me semble que quelques détail n’ont pas été cité, je me permet donc de les relever:
    la terre effectue une rotation autour du soleil en 365 jrs solaire, mais fait effectivement 366 tours sur elle même ( jours sidéral).
    De plus pour continuer sur le temps sidéral, Tristan mentionne dans sa vidéo que le pendule d’un demi yard effectue 366 période en 1/366 jour, soit 3min 56 (236 seconde!) ce qui représente la différence entre un jour solaire et jour sidéral.

    Encore merci Quentin pour ces recherches,
    la solution est sûrement plus simple qu’on ne le pense,
    Cordialement

  2. Bel article Quentin que je découvre à l’instant ;Effectivement je confirme : « Carnac , le Manio  » tome 2 d’ Howard Crowhurst est très intéressant , comme d’ailleurs toutes ces autres études. Ce qui m’interpelle aussi c’est ce multiple de 2,5 yards : la toise ; Pourquoi 2,5 ? Espérons que bientôt cette unité sera acceptée comme une autre .
    Bonne continuation , et peut être au solstice 2017 …

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